On pourrait comparer Brian Shimkowitz à un personnage de film comme Indiana Jones. On l’imagine traverser les contrées du Ghana sur une moto bon marché, à la recherche de trésors perdus. C’est en 2002 que les souhaits de cet explorateur se sont exhaussés en fouinant dans un marché de rue à Cape Coast, sur la côte sud du Ghana. Ainsi il trouva la cassette d’un certain Ata Kak. À l’époque, il écrit sur son blog “You may never hear anything like this elsewhere”.

En 2011, lorsqu’il officialise Awesome Tapes From Africa en tant que label de production il tente de retracer ses artistes favoris afin de leur offrir une nouvelle chance d’enregistrer. De Los Angeles au Ghana jusqu’en Allemagne et au Canada, il finit par retrouver Yaw Atta-Owusu aka Ata Kak, 25 ans après la sortie de son album. Accompagné de nouveaux musiciens, le ghanéen a même commencé une tournée par la suite et ses performances ont été acclamées dans les plus grands festivals.

Vous n’avez surement jamais entendu quelque chose de la sorte, Brian Shimkowitz n’est pas du genre à raconter des salades, faites lui confiance. Avec des emprunts au highlife, à la funk« Obaa Simaa » relève vraiment de l’expérimentation. Celle d’un ghanéen qui arrive au Canada et se lasse de jouer dans des groupes qui reproduisent les covers des tubes de l’époque. Sans moyen ni producteur, il s’aventure seul dans des essais plus électroniques et se met à rapper par dessus. L’album sera pressé en cassette, mis en vente, mais ne marchera pas tellement à Toronto. Il faudra compter sur un export dans son pays d’origine, sur l’ironie du sort et un chineur d’exception pour que 20 ans plus tard soit ré-édité et pressé à plus de 4 reprises tellement la demande reste forte.