Bon, avouons-le, la hype n’était pas à son paroxysme : Chris Liebing c’est sympa, on va le voir par principe mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. Et pourtant l’allemand a fait le taff. Au vu du moment que l’on a passé, on ne regrette rien – si ce n’est le fameux « verre de trop ».

Le Dieze était bien rempli samedi soir ! (crédit : Dernier Cri)

 

Quand il s’agit de techno, un événement au Dieze est généralement synonyme de soirée réussie. Montpellier manque quelque peu de clubs de taille conséquente orientés musiques électronique, d’autant plus depuis la fermeture de la Villa Rouge, et c’est sûr que l’on voyait mal le Heat recevoir le festival Dernier Cri. Dans l’esprit warehouse désaffectée, le Dieze remplit donc son rôle. L’ancienne usine reconvertie en temple de la techno a tout pour plaire : sa taille, son architecture ou plus largement les soirées qu’elle accueille. Le prix des consommations en revanche reste contestable et on apprécierait un son mieux réglé. Mais sans pinailler outre mesure, on était plutôt content d’y retourner pour Dernier Cri.

 

Amandra le jeune

 

Notre équipe arriva sur les lieux durant le set d’Amandra, correctement échauffée par quelques verres sous une pluie torrentielle. Côté son, les récentes productions du français chez Semantica et Obscura annonçaient une techno des plus mentales. Parfaite pour une première partie de Chris Liebing et sa violence légendaire. Quoiqu’un peu monotone par moments, son live fut fidèle à ce que nous attendions de lui : une harmonie travaillée entre la basse et le kick, lancinante et structurée, quelques percussions et une boucle de synthétiseur bien amenée. Sans surprise, Amandra nous installa dans une transe cohérente avec l’atmosphère vaporeuse d’un Dieze plein à craquer – presque trop – et ce fut bien agréable.

2h30, heure fatidique : l’ombre de Chris Liebing se dessina, encadrée par son nom de scène aux reflets violacés et le logotype à la tête de loup de Dernier Cri. Malgré l’aspect théâtral et les nombreux applaudissements, la transition fut ardue. Amandra jouant live, ce fut au headliner allemand de s’adapter à la techno discrète et obscure de son confrère. Vis-à-vis de l’obscurité, rien à redire : il faut dire que l’on ne s’attendait pas à écouter Liebing jouer du Madonna … Mais si l’on devait comparer les deux artistes, « discret » ne le qualifierait probablement pas pour autant. Cinq petites minutes d’hésitation plus tard, voilà donc un des pionniers de la techno installé dans ce qu’il sait faire de mieux au monde : nous casser le crâne.

 

Chris Liebing le vieux

 

Rien de nouveau sous le soleil, malgré un niveau sonore que l’on aurait préféré légèrement plus élevé, la lobotomie fut en règle. Les kicks s’enchaînèrent et … se ressemblèrent, il faut le dire. Mais le set apparut comme efficace, légitime parmi les décors industriels du Dieze et son dancefloor foulé par un bon millier de personnes. On reconnaît volontiers à Chris Liebing l’expérience et le talent que la culture techno lui prête généralement : l’énergie du set ne s’essouffla pas, et ce, même malgré plusieurs heures de présence à nos côtés.

6h, la fin se fit proche. Pas de rappel, un bref au-revoir et des applaudissements à s’en faire des cals sur les paumes : le patron de Create Learn Realize (CLR) s’en alla comme il était venu, avec classe et sobriété. C’est l’heure du bilan.

 

En conclusion

 

Après une soirée d’ouverture largement réussie aux côtés d’un Pablo Valentino et d’un Konstantin Sibold bien réveillés, ce samedi soir sonnait un peu comme l’événement majeur de cette édition du Dernier Cri, Chris Liebing occupant clairement la place de tête d’affiche du festival. Côté organisation, on imagine aisément le cachet demandé par ce dernier, mais 23€ sur place reste un prix d’entrée peut-être un peu élevé. L’aspect pécuniaire mis de côté, la soirée fut correcte. Tout festival tente quand il le peut de ramener quelques noms d’anthologie, et dans le cas de Dernier Cri, ce fut ce samedi. Ce serait vous mentir que d’affirmer que l’on ne s’est pas amusé, la soirée fut bonne et la pluie oubliée. Mais on ne pense pas prendre de risque en nous préservant pour ce second week-end, qui s’annonce aux petits oignons.

 

Quant à Chris Liebing, sublimé par un mapping léché et un jeu de lumière épuré, son passage fut remarqué. On vous avouera bien sûr qu’on a préféré Sibold au Rockstore et qu’on en attend bien plus de Voiski à l’Antirouille le week-end prochain. Mais on ne demande à un headliner que de se comporter comme tel, et il n’y a pas à dire : l’allemand à fait le taff.

Ruhbarb en guise de warm-up (crédit : Dernier Cri)

 

Amandra et son live mental (crédit : Dernier Cri)

 

Chris Liebing en action (crédit : Dernier Cri)