Des les premiers pas sorti du véhicule, on est tombés sous le charme. La vallée de l’Hortus a son cachet et peut en soit révéler tout le charme de la région du Pic Saint Loup. Pas étonnant que l’équipe du Hortus Live s’attache a ce lieu et qu’Ivan Semaria (Worldwide Festival) déplore ses talents de programmateur pour un tel festival. Hier soir on s’essayait pour la première fois à cet évènement, sans aprioris et réceptif à toute éventuelle surprise. Zigzagant dans les vignes avant d’arriver vers ce grand espace vert, nos pas se dirigent assez rapidement vers les stands de producteurs de vins locaux où (pour un prix certes pas très raisonnable) l’on peut déguster du bon produit local.

Discrètement sur la scène encore peu occupée, Guts et Nickodemus s’essaient à un B2B plus que plaisant pour entamer cette soirée. La lumière baisse, l’espace se remplie et alors qu’on s’allonge langoureusement dans la pelouse, Tagi aka Sly Johnson monte sur scène avec pour armes un micro et une MPC. L’ancien membre du Saïan Supa Crew a de l’expérience, c’est maintenant confirmé. Subissant quelques soucis techniques, il se retrouve face a une foule novice mais ne se laisse pas abattre pour autant: quelques tricks de beatbox et l’attention du public est bel et bien détournée. S’en viennent ensuite quelques une de ses nouvelles productions de YOUARESURROUNDED, son dernier album signé sur HevenlySweetness. Du groove des beats de J Dilla, on passe de l’essence même du hip hop à la soul et le show de l’antillais tiens la route.

Un entracte un peu plus longue que prévu, la nuit efface peu à peu le paysage des alentours et une grande partie du public s’essaient au food trucs et producteurs locaux avant qu’Erik Truffaz monte sur scène avec son quartet pour un une heure de concert agréable. Un soupçon timide, son show prends de l’ampleur et de la fouge quand il invite Sly Johnson (avec qui il a déjà collaboré sur l’album « Paris ») à monter sur scène et à s’essayer à de l’improvisation. Des sourires au bord des lèvres, le live se décomplexe et cette improvisation se prolonge d’un bon quart d’heure. Dommage, il est l’heure de rembaler, l’énergie vaudou de Peter Solo et de Vaudou Game arrive.

Un ami nous avait prévenu « Vaudou Game, c’est de la balle, fonce! ». Avec ce conseil bien pauvre en arguments mais avec une bonne connaissance de la discographie du groupe phare de Hot Casa Record, on suit le public qui se rapproche de la scène. Ce que l’on peux dire d’avance c’est que Peter Solo est un personnage, on s’en doutait mais pas autant… Si il ne jette pas des regards flamboyant avec des grands sourires dans la foule, il lance des grands discours sur la spiritualité et l’essence du vaudou, à en perdre certains parfois … Une introduction réussie, un long discours non loin d’être déplaisant, les tubes s’enchainent et La vie c’est bon arrive. Malgré l’énergie palpable de Peter Solo et sa place sur scène, on se focalise un peu plus sur le reste du groupe, qui suit avec précisions les indications du vocaliste. Le live est bien fichu, sans être mécanique, le « vaudou funk » entraine n’importe quel public. On valide à 200%.