En tant que média défricheur de musiques électroniques, Make It Deep s’est penché naturellement sur la question du vinyle. Assiste-t-on à un retour de la wax chez la nouvelle génération ou est ce une hype parmi tant d’autres qui n’est pas faite pour durer ? Questions et réponses dans leur dernière émission avec l’un des disquaires emblématiques parisiens, Betino, Phil Weeks (Robsoul Recordings) et Wolfpack United, société de fabrication de vinyles.

2006 : la période creuse. 2010 : le comeback.

Alors que de nouvelles plateformes telles que Beatport et Juno se concentrent sur la vente de musique en digital, le vinyle bat de l’aile en 2006. Les platines CDs se démocratisent et les DJs, même les plus téméraires, se tournent vers le progrès avec le CD puis la clé USB. Bon nombre de disquaires spécialisés ferment leurs portes tandis que d’autres survivent tant bien que mal.

En 2010, le vinyle regagne en popularité. Selon Betino, une nouvelle génération s’intéresse à l’objet et se lasse de la dématérialisation de la musique. Un effet de hype ? Entre les DJs qui se font parfois taper sur les doigts avec leurs platines CDs ou autres contrôleurs et le cadeau « dit vintage » du vinyle pour Noël : la clientèle a changé. Le public amateur et curieux achète de plus en plus tandis que les DJs sont toujours sur la réserve. Les majors quant à elles n’ont pas perdu le capitalisme comme leitmotiv de production et se relancent sans scrupule dans le vinyle. Avec la ré-édition de grands classiques et de références plus « vendeuses », elles font ainsi de l’ombre aux labels indépendants et aux disquaires – vis-à-vis des encombrements d’usines de production et des prix de ventes, notamment.


Que retient-on ? Qu’en disent les chiffres ?

 

Le marché du disque se porte bien, mais certaines données en contrastent d’autres.

  • Sur 334 disquaires en France (25% à paris), 80% d’entre eux sont contraints de développer une activité annexe pour survivre.
  •  Les labels indépendants subissent le poids des majors dans les usines de fabrication. Les délais de réception vont jusqu’à 5 mois pour une référence.
  •  Avant la chute du vinyle, les labels pressaient un minimum de 2500 copies pour une référence. De nos jours, vendre 300 copies sur une nouveauté est une réussite (selon Phil Weeks).
  • Alors que les labels sortent de plus en plus de vinyles, Betino vend 20% de nouveautés pour 80% de seconde main.
  • En juillet 2016, la production de vinyles augmentait de 30% alors que les ventes augmentaient de 11%.
  • MPO, seule usine de disques vinyles en France, produit plus de 50000 vinyles par jour.