Nous sommes le 5 juillet, nous sommes à Sète et le Worldwide Festival a commencé depuis deux jours. Comme chaque année on se retrouve face à un Gilles Peterson bouillant et une line up de prestige avec ce qu’il considère surement comme les meilleurs DJs, live bands et producteurs du moment. Inutile de vous dire que nos oreilles sont caressées dans le bon sens pendant cette semaine et comme un léger aperçu de ce que le Worldwide peut sonner, on vide notre sac et on vous sort quelques uns des meilleurs Shazam que l’on a pu faire.

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Gilles Peterson le répète encore bien haut et fort au public du festival: Dayme Arocena est la nouvelle voix de Cuba. A voir son live, son énergie et son (très) grand sourire, pas étonnant qu’il l’ai signé sur son label Brownswood et qu’il l’invite pour la troisième année consecutive au Worldwide.

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Gilles Peterson reprends les platines pour quelques minutes après le live de Dayme Arocena, il profite du changement de plateau pour glisser quelques morceaux, lunette de soleil sur la tête, le patron est à la maison. A plus de 50 ans, la passion est toujours là et on le sent.

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« Le Motel + Guests » on s’y attendait … Roméo Elvis rejoint brièvement Le Motel sur scène, quelques mots en fran-glais et Bruxelles envahit le Worldwide pour la première fois. Bradley Zero un peu plus loin semble apprécier la voix du belge, l’apparition fait fureur mais reste très courte. Le Motel en profite pour balancer quelques une de ses productions en solo. MCDE, juste derrière semble bouillant.

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Standing ovation, MCDE s’installe aux platines et le programme s’annonce inédit. Chaque set du hollandais est un bijou, du moins le public est au courant. Les premiers morceaux s’enchainent facile et on tombe sur cette perle de Mood Hut, dont le groove et les percutions font directement fureur.

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Un petit air timide mais des doigts habilles. MPC et clavier, il est environ 17h30: le producteur japonais Anchorsong, maintenant exilé à Londres dans la famille Tru Thoughts, est sur la plage. Les aller retour entre l’eau et le dancefloor sont fréquents, le sable brûle les pieds, on cherche l’ombre et le live d’Anchorsong accompagne parfaitement une fin d’après midi qui s’annonce sportive. « Last Feast » résonne et nous replonge directement dans « Ceremonial », son dernier album en date.

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Pablo Valentino est sur-motivé et avec un public déjà bien cramé par le soleil. Les pépites commencent à s’enchainer et notre Shazam s’affole. Sous le soleil ardent sur la plage de Sète, ce Bobeira d’Edson Federico n’a jamais aussi bien sonné.

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Le patron de Faces Records et MCDE Records l’a comprit, ce public est réceptif et surement bien mieux éduqué. L’afrobeat se mélange à la musique brésilienne, la soul et d’autres petits trésors. On a chaud, très chaud …

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Changement de programme: il ne reste que quelques minutes et Pablo pousse les limites du soundsystem de la plage. Les anglais qui crament au soleil depuis des heures au loins, les sétois qui profitent de leur ville qui s’animent (et des jolies filles) se lèvent, un mouvement se forme et le dancefloor s’enflamme. 19h30, il nous reste une heure avant de se pointer au théatre de la mer, soyons sportif !

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Sarathy Korwar et Cinematic Orchestra ont ouvert cette deuxième soirée de la plus belle des façons, Floating Points et Red Greg se mettent aux platines et commencent à sortir leurs premières galettes: du funk, du boogie, du disco, de la vieille soul et d’autres raretés commencent à être sorties. Les expressions de Lefto, Gilles Peterson et Simbad tout proches ne mentent pas, on assiste à un grand moment.

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10/10. Floating Points ne se trompe jamais et Red Greg est un génie du vinyle, ses enchainements sont impressionnant et la sélection pointue et efficace, le public est tenu en haleine jusqu’au bout et les planches du Théatre de la Mer grincent.