Après un petit moment d’absence, que nous vaut l’honneur de cet nouvel EP?

C’était pas vraiment une absence (rires). Sinon, oui ça fait vraiment plaisir de relancer le label avec cette sortie. Scandium a été en sommeil pendant quelques années, pour différentes raisons. Les gens ont accrochés rapidement sur « Memory » il y a quelques temps, avant même qu’il sorte d’ailleurs, et ça nous a clairement motivé à le presser en vinyle avec P4sc4l, qui a maintenant repris les rênnes de Scandium.

Quelle est ta relation en tant que producteur à ton studio, est ce que tu es toujours content d’y aller et c’est autant une source de bien être ?

Mon studio est chez moi, on a forcement une relation très proche (rires) L’inspiration dépend des moments et des machines dont je dispose. Après je ne me suis jamais ennuyé à produire, justement ça m’inspire un peu trop dans ma vie. Travailler avec des machines, ça a certes un rendu qui m’intéresse mais chacune d’elle a une histoire. Un synthé n’est pas simplement une machine. J’achète des machines, je teste et je peux plus m’en séparer, je m’attache à elle, son histoire et au final je me retrouve comme drogué à tout ça …

C’est pas très nocif comme addiction …(rires)

Ça dépend. On peux parfois ne pas respirer et ne pas profiter de sa vie de tout les jours. Mais je prends tellement de plaisir à faire ça que je peux passer des journée, voire des semaines, enfermé. Si le résultat est moyen je prends l’air quelques jours avant de m’y remettre. Mais oui, je suis très bien avec mes machines analogiques, je serais malheureux avec un simple controlleur et trois plugs …

On en parlait un peu en off, tu es resté quelqu’un de très humble, terre-à-têrre et même en dehors de ce milieu de la nuit. Comment tu vit dans ce milieu tout en restant authentique. C’est difficile à gérer ?

Non pas spécialement, je reste juste moi même. Après peu importe ce qui se passe autour de moi, je suis mon avis. Il y a des gens qui ont besoin de baigner dans le milieu de la nuit, de rencontrer beaucoup de gens et d’avoir des excès pour être inspiré. De mon côté c’est pas du tout le cas, c’est même le contraire. J’ai besoin d’être posé, me retrouver seul face à moi même, sans artifice chez moi, en plein air ou en studio. Je vais parfois en soirée quand c’est des potes qui organisent mais ça reste rare, je suis pas du tout dans cette optique et ça a toujours été comme ça depuis le début. Le milieu de la nuit me dérange pas, je l’aime bien même mais j’en profite pas comme certains. Je profite du moment pour m’exprimer et en général je plie baguages quand c’est terminé. Je vais pas suivre en after (rires)

Quelle est ta relation avec les têtes qui ont fait le Montpellier des années 2000 ?

On a eu la chance de se retrouver avec une équipe assez soudée. De 2005 à 2008 j’ai quand même joué très souvent à la Villa Rouge, on avait nos résidences régulières avec du public mais on a réussi à rester simple. J’ai toujours aimé cette entente ou il n’y en avait pas un plus haut que l’autre, on est tous passionné et on fait nos trucs chacun de notre côté sans embrouille par la suite. C’est un milieu ou tout le monde veux réussir et y arriver, ce que je peux comprendre, on s’est jamais concurrencé ou comploté dans le dos des autres. Je suis toujours en contact avec tout ces gens là, on s’appelle encore régulièrement.

Est ce que tu penses que les rencontres influencent la façon de composer ? Certaines aurait pu même t’influencer dans ton parcours ?

Pas forcement des personnes que j’ai rencontré, je dirais plus que c’est les musique que j’écoutais plus jeune, les premiers morceaux électroniques que j’ai pu écouter qui m’ont influencé plus tard. Après j’essaie justement d’être en retrait, je sort très peu pour être honnête, je suis assez libre d’esprit quand je compose en général, je reste assez neutre. J’aime beaucoup certains artistes mais de là à en être inspiré … peux être mais je pense pas.

Je sais pas si tu as pu voir ça mais il y a eu une conférence sur l’avenir de la techno à la Gaieté Lyrique avec en interview Laurent Garnier, un journaliste de Libération et d’autres grandes têtes. Laurent Garnier a même affirmé à la fin que la techno n’avait pas évolué depuis 15 ans et qu’il ne comprenait pas pourquoi les gens en écoutaient encore. Qu’est ce que tu en penses ?

Je pense que depuis 20 ans, la musique électronique a bien évolué pour en devenir même démocratisé. Que ce soit au niveau du son ou de la technique il se passe encore des choses. Après c’est une musique qui utilise des boucles et se retrouve être quand même répétitive. Jeff Mills a dit dans une interview que tout est un cycle. On est toujours surpris par des courants ou sonorités. Notre génération l’a déjà entendu mais il y a la nouvelle génération qui découvre encore certaines choses. Et puis on parle d’un peu plus de 20 ans d’histoire pour la musique électronique, c’est peu. Maintenant tout va très vite, on est peux être impatient que quelque chose se passe rapidement mais je trouve que la techno a encore de la marge pour évoluer. Après je sais pas vraiment pourquoi Garnier a dit ça, peux être qu’il voulait secouer les producteurs pour qu’ils innovent.

Il y a comme un nouveau mouvement avec des nouvelles têtes et associations qui arrivent qu’est ce que tu leurs conseillerais ?

Je respecte autant l’ancienne génération que la nouvelle. C’est ces gens là qui nous font avancer, je pense que du moment qu’ils sont dans le bon esprit, la bonne démarche, que ce soit dans l’organisation ou la vision de ce mouvement, je les soutiendrais. C’est un échange, ils ont besoin de comprendre ce qui s’est passé avec l’ancienne génération comme la mienne et nous aussi on a besoin de savoir ce qui se passe, se renseigner et avoir l’esprit vif. Je trouve que la nouvelle génération va très vite et qu’elle nous apporte que des bonnes choses. Il faut juste rester simple, passionné avant tout, garder la tête sur les épaules, ne pas avoir peur de se lancer et d’échanger avec les autres. J’ai un ami sur Paris qui m’a appelé il y a peu de temps pour me dire que Paris évolue depuis 3 ou 4 ans et que c’est grâce aux petites associations et équipes qui jouent sur vinyles, qui organisent, font des émissions radio. C’est chouette à voir

Merci à toi et à ta gentillesse.

Merci à toi !

Acclamé par bon nombres de DJs et tastemakers, son dernier EP « Memory » est disponible sur Bandcamp et chez votre meilleur disquaire. Pour les montpelliérains, dirigez vous chez Southwax Records ou au Comptoir du Disque.