Ceux qui y vivent le savent, Montpellier nous offre un cadre de vie et un microcosme particulier. De taille plus modeste que certaines grandes villes françaises, elle abrite tout de même un panel d’artistes et de musiciens talentueux. Parmi ces talents locaux validés, tous styles confondus, on y trouve sans aucun doute Late Notice. Mais avant de s’étendre sur ces derniers, il semble nécessaire de revenir aux origines et de parler de plmp.

 

« Pas Les Mêmes Projets »

 

Partant d’une réelle volonté de s’implanter tout en se démarquant dans le paysage local, le jeune label s’est officialisé courant d’année dernière à l’initiative d’Alexandre Marchand, originaire de Poitiers. En guise de partners in crime et de roster des plus solides, se joignent directement les deux rappeurs Youssef et Paolo d’Arkanson ainsi que Kadogo et Idéal Jim. D’une identité visuelle recherchée à leur leitmotiv de deepwave, le projet plmp se dessine et commence à réellement faire du bruit en mai 2016 avec PLMP  d’Hedi Yusef. Décomplexé, éclectique et (fichtrement !) bien produit, l’ex membre de Minuit Record/Arkanson, qui n’en est pas à ses premiers essais, frappe fort et marque les esprits. Dès lors l’acronyme PLMP (Pas Les Mêmes Projets) gagne du sens et le chemin semble déjà bien tracé.

Alors que sortait l’ovni Hannah d’Idéal Jim et les productions afro house de Kadogo, qu’Hedi Yusef se dévoile sous son alias Junior Sauvage, plmp s’est échauffé dans son QG afin de vous sortir la première pièce maîtresse de leurs nouveaux protégés : Prismes.

 

Late Notice : une fusion jazz/funk/hip-hop.

 

 

Initialement imaginé par son bassiste Pablo Auguste, la fusion jazz/funk/hip-hop de Late Notice se présente avant tout comme la réunion de musiciens déjà chevronnés.  À commencer par son batteur Maxime Aznar que l’on retrouve également aux côtés de Dab Rozer ou encore Paolo et Makino, membres de l’ancien collectif Arkanson (aux côté de Hedi Yusef). S’ajoutent enfin Roman Escudié à la guitare, Raphaël Haberer-Proust au clavier et Double Flo à la flûte traversière, sans oublier la douce Agnes Som aka Ndobo Emma et Charly Cut (qui a collaboré avec Hydro, Neil Conti & The Lazy Sundaze, Le Traitement, Davodka).

Alors, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?  disait Ichon, et bien … pas tout à fait. Dès les premièrs instants d’écoutes de Prismes, l’harmonie des 9 membres semble évidente. Avec le titre éponyme Prisme et MTP en ouverture, chaque membre du band s’introduit tour à tour et la rencontre des éléments se profile peu à peu. Alors que le trio batterie, basse et guitare introduit le morceau en douceur, la voix de Ndobo Emma se glisse doucement avant de laisser place à quelques notes de flûte, quelques scratchs de Charly Cuts: c’est l’heure pour les deux MCs de rentrer sur un jeu de passe-passe pour parfaire le tout.

 

« Si tu veux nous faire kiffer en réssoi met du boogie, pas du hardcore »

 

Paolo lance le thème du morceau dès les premières notes, maintenant que tous les musiciens se sont introduits. En guise de troisième track, Hey DJ s’occupe explicitement de réchauffer l’atmosphère. Attention, ne vous arrêtez surtout pas là, la suite de l’EP est tout aussi variée et prodigieuse. Le temps de Dispersion, les vocalistes sont écartés et les musiciens se donnent à cœur joie pendant 2min48. La flûte traversière de Double Flo caresse nos oreilles, Maxime Aznar à la batterie s’occupe de breaker le tout, les sonorités jazz englobent le morceau et on en finit presque par regretter la durée du morceau. Les deux MCs reviennent alors à grand galop sur Havre de Paix avant de laisser Paolo brûler littéralement l’instrumental de Sleepy Hollow, un hymne ensorceleur, puissant et percutant qui laisse penser à la collaboration entre BadbadnotGood et Ghostface Killah. En guise d’au-revoir prématuré Les Gardiens du Tempo s’occupent  d’invoquer la cadence du funk avant de nous caresser une dernière fois les oreilles avec Recomposition, outro épurée où les accords au clavier de Raphaël Haberer-Proust surgissent comme une bénédiction.

Enregistré au studio MiniMoon de Neil Conti, Prisme marque l’entrée en matière confirmée de Late Notice après presque deux ans à écumer les salles locales. L’EP est dès à présent disponible sur toutes les plateformes et on ne saurait que vous conseiller de l’écouter !

Retrouvez Late Notice sur Facebook et en concert prochainement près de chez vous.