Ne voyez pas en Princess Nokia une pop star. Originaire du Bronx, d’une famille « Nuyorican » (diaspora afro porto ricaine new yorkaire), la jeune Destiny Nicole Ortiz est en train de conquérir le monde en vitesse de croisière. Sa carrière commence en 2014 avec « Metallic Butterfly« , un premier projet soutenu par le magazine Vice qui mise sur cette artiste en devenir. Sans avoir fait fausse route, cette première pierre à l’édifice est une réussite mais la vraie nature de Princess Nokia se révèle véritablement en mai dernier avec le titre « Tomboy ».

Faisant référence à ces femmes qui ne sont pas aussi féminines que ce que l’on attend d’elle, la jeune prodige casse un mythe et donne un grand coup à ceux qui ont pris la fâcheuse habitude de se rincer l’oeil sur les rappeuses. Sapé extra large, sans maquillage ni artifice, elle surgit de nulle part et rugit le refrain « My low titties, my fat belly », qui marque les esprits et prône un féminisme affirmé sur la scène hip hop. Les yeux se rivent soudainement sur elle. Acquérant une image, un personnage et un public confirmé, Princess Nokia se voit refuser des offres de maisons de disque pour durer à sa façon, en mode « Do It Yourself ».

La fascination autour du phénomène ne cesse de grandir depuis des mois; les interviews, extraits lives et autres exclusivités envahissent les médias peu à peu, les magazines s’affolent soudainement autour de la personnalité authentique, la hissant peu à peu au statut de représentante du rap dit « féministe ». Sans discréditer les différents médias, « The Fader » a récemment sorti un documentaire incroyablement poignant autour de la jeune new yorkaise. S’immergeant dans son quotidien, les réalisateurs ont su capter toute l’histoire et l’énergie qui gravite autour. D’un naturel indiscutable, sans dramaturgie apparente, elle revient sur son passé agité: une mère morte du sida, ses coups, ses blessures et par extension la naissance de Princess Nokia, à l’aube de ses 15 ans.

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Portrait touchant d’une artiste émergente, le documentaire suit la jeune femme dans son quotidien et dans sa ville à laquelle elle est profondément liée. Avec talent, The Fader peint un magnifique New York, plein de couleurs et de vie, plus hip hop que jamais. Une énergie qui se re transcris dans l’aisance de Princess Nokia à se dévoiler, à lâcher quelques rimes d’un freestyle écrit directement d’un coin de la 1st Avenue, dans le Bronx. Accompagné d’autres images live, le documentaire renforce notre opinion au sujet du talent de cette dernière.

Il y a 3 mois sortait son dernier album « 1992« , en référence à son âge et à une géneration de nouveaux rappeurs prolifique. En 9 titres, Princess Nokia t’offre l’un des meilleurs albums hip hop de l’année avec le plus de crédibilité. Réunissant les générations et les différentes écoles du genre, des titres comme « Bart Simpson » ou « Saggy Denim » raviront les plus old school d’entre nous alors que « Kitana« , « Brujos » plairont aux plus hypes out there. La rappeuse performe même sur « Twenty Birds » un freestyle d’anthologie qui confirme encore une fois son talent pour la rime.

C’est n’est que le début, vous le savez aussi bien que moi. On espère, toujours dans un esprit DIY, qu’on entendra parler de Princess Nokia pendant quelques années encore…Affaire à suivre.