crédit : Manon Jalibert

~ Est-ce la première fois que tu joues dans le coin ?

Oui, c’est la première fois que je joue à Montpellier.

~ Les gens ont semblé apprécier ton live, quelle première approche fais tu public local ?

J’ai vraiment pris mon pied en jouant. Je trouve qu’ici le public a l’air plus sensible à la techno que dans certains autres lieux, c’est plaisant de voir une telle ébullition.

~ J’ai appris que tu venais du metal, comment t’es tu orienté vers la techno ?

J’étais un gros fan de Metallica, on a monté un groupe avec des amis mais on a dû se séparer. Ensuite c’est Justice qui m’a ouvert l’esprit concernant la musique électronique.

~ Avant tu faisais des productions plus mélodieuses et on sent qu’aujourd’hui, tu tends vers des sonorités plus techno voire hardcore, comment expliques tu cette évolution ?

Oui, mes premières prods’ étaient très mélodiques. En fait, cela correspond à différentes étapes de ma vie ou du mood que je ressens lorsque je travaille. J’essaie tout de même de lier des phases mélancoliques avec des sonorités plus puissantes, comme lorsque je peux placer un bon kick hardcore !

~ Tu as fait des études en littérature, est ce que ton parcours t’influence dans ta musique ?

Énormément. J’aime beaucoup la littérature antique et ses textes.  J’aimerais faire un livre audio ou du moins un format similaire. L’intérêt pour moi est de pouvoir raconter une histoire sonore et de dégager une énergie. C’est une identité que je me suis façonné, un personnage : Professeur Renart. Il y a un label que j’aime beaucoup et qui me correspond assez bien, Shnell Records qui me permet de me libérer d’une sorte de pression sociale de la musique.

crédit : Manon Jalibert

~ Que penses tu de la catégorisation des genres musicaux aujourd’hui, est ce une pratique révolue ?

Je pense que la codification des genres musicaux et leur catégorisation permettent de structurer la pensée des auditeurs. Je veux dire qu’en tant qu’auditeur, on a besoin de s’y retrouver, de reconnaître des structures similaires d’un morceau à l’autre, bref : de pouvoir identifier le “style”.

~ Cette codification n’a elle pas un impact sur ta liberté d’expression ? ne t’oblige-t-elle pas à te limiter artistiquement ?

En tant qu’artiste, je reste assez ouvert sur le sujet. Je ne pense pas qu’il faille pour autant se limiter lorsque l’on crée. Mais tout est une question d’équilibre. C’est-à-dire ici l’équilibre entre la marge de création que l’on s’accorde et les codes que l’on souhaite respecter.

Pour moi ces codes – et cette façon de fonctionner provient probablement de mon passé de guitariste, se reflètent majoritairement dans les rythmes. Le rythme guide le reste de la musique et c’est lui qui la structure. J’essaye de faire en sorte que le public se reconnaisse dans les motifs rythmiques, c’est à dire qu’ils identifient des rythmes associés à des genres. La marge de création englobe quant à elle tout ce qui se rattache au reste de l’arrangement.

~ Certains festivals se revendiquent underground alors que leur programmation semble plus « grand public ». Ce terme ne s’est il pas trop popularisé selon toi ?

Oui, selon moi il doit renvoyer à tout un style qui se déclare en marge de la société. Concernant la musique elle est extrême et s’adresse à une population minoritaire. C’est un courant qu’on ne maîtrise pas, heureusement. C’est vrai qu’aujourd’hui, on emploie ce mot dès qu’une programmation semble trop poussée ou que la déco d’un club est industrialisée et je le regrette. L’underground embrasse une certaine atmosphère qui se crée entre l’artiste et son public, dans un lieu non défini.

~ Tu es sous le label Cracki Records, comment en es tu venu à collaborer avec eux ?

Je les connais depuis un certain temps. En réalité ce sont des amis à moi et ce, bien avant qu’ils montent leur label. La collaboration s’est donc faite naturellement et ce fut évident pour moi de participer à l’aventure ! Ils font un travail énorme, ils m’aident beaucoup en terme de logistique et cela me permet de me concentrer essentiellement sur ma musique. Honnêtement, je n’arriverais pas à faire la moitié de leur travail tant ils donnent de leur personne, ce qui représente donc un énorme soutien pour moi !