Alors qu’on s’était toujours pas remis entièrement de l’excellent EP Soul Conspiracy » de Neue Grafik, les londoniens sortaient il y a deux jours la première partie de Trudi’s Songbook, le nouvel album de Rubi Rushton qui risque bien de faire du bruit après Two for Joy, le premier EP qui avait posé des bases solides mais discrète en 2015.

Trudi’s Songbook est ce que l’on appelle un album d’exception. Intimiste, introspectif mais aussi explosif, il reflète une certaine énergie organique et spontanée à l’image d’autres grands noms qui forment cette « nouvelle scène anglaise ». Proche du jazz des 50’s/60’s et nottament celle du maitre Yusef Lateef, l’influence se ressent particulièrement sur Prayer for Yusef, qui fait guise d’hommage. L’agitation se fait ensuite sentir sur Moonligh Woman, qui embrasse les sonorités funk tel que Herbie Hancock l’a fait avec merveille sur Headhunters. Avec cohérence et un brain de talent, Elephant & Castle se noue quant à lui à d’autres racines latines avec les percussions de Joseph Deenmamode retentissent comme une bénédiction sur les envolées d’Aidan Shepherd  au clavier. On touche l’apothéose sur Where Are You Now où la trompette de Nick Walters et le saxophone de Edward Cawthorne enlève tout doutes sur la qualité de cet album et son empreinte dans le temps. 22a ne s’arrêtera pas là, Trudi’s Songbook est une invitation agréable et ludique pour s’immiscer dans la nouvelle épopée du jazz londonien. D’une façon majestueuse, on touche là au passé, au présent et au futur d’une scène talentueuse.