Le festival Kolorz, dont le directeur artistique Pascal Maurin est un habitué de la ville (Dernier Cri, Tohu-Bohu), quitte pour l’occasion son fief de Carpentras et s’exporte sur Montpellier le temps d’une soirée. Il s’associe sur cette date à deux organisateurs bien connus du secteur, Magie Noire et Raum, pour un crossover des plus ambitieux (dans ta face Marvel). À cet effet, c’est le Dieze Warehouse que les trois promoteurs ont décidé d’investir. Rejoints par Luca Ruiz – résident du festival Dernier Cri et des soirées Magie Noire – et son acolyte Blank, I Hate Models et Anetha ne pourront que faire honneur à l’architecture du lieu.

Sur la scène depuis 2015, les deux artistes n’ont de cesse de faire briller la techno hexagonale. Avec quelques tubes remarqués, dont son légendaire Black Widow, Anetha enchaîne depuis les pépites et distille une techno sombre, intime et quasi minimaliste. Minimaliste certes, mais les bangers s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Ce qui la révèle aux yeux du grand public pourtant, c’est son apparition d’abord discrète sur le VA d’Anagram, Phasing Faces Vol. 1, début 2017, rapidement considérée comme l’une des meilleures sorties acid de l’année. Avec ses DJ-sets pointus et survoltés – dont une Boiler Room mythique – l’avenir musical de la jeune femme semble tout tracé : en témoigne son excellent Desinhibition sorti il y a quelques mois.

I Hate Models évolue quant à lui avec constance et remet en quelques années la techno industrielle au goût du jour. Avec ses textures teintées de mélancolie et son esthétique lo-fi torturée, Daydream fait exploser la carrière du jeune homme. Mais ce sera Totsuka No Tsurugi qui l’inscrira dans la durée. Probablement l’une des plus belles releases de l’année dernière, l’EP n’est pas descriptible. Les émotions qui s’en dégagent sont puissantes et prennent au corps : le producteur innove et survole le hardcore sans jamais s’y embourber. Mais si la constance est effectivement de rigueur chez I Hate Models, 2018 sera son année également. Et ce n’est pas le maxi Requiems, fruit d’une collaboration avec Umwelt, qui nous fera dire le contraire.

Quoiqu’il en soit, on vous parle ici de techno qui bave, qui transgresse et qui transporte ; et pour un son comme celui-là, les poutres métalliques du Dieze sont de rigueur. Ce qui est sûr, c’est que vous nous y trouverez, dans la foule au pied de la scène, les mains levées.

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