On peut ne pas apprécier la musique dite « classique », on peut sourire à l’idée de danseuses en tutu qui ondulent, mais on ne peut pas réfuter la place qu’a le Lac des cygnes dans la culture populaire. Si vous n’avez pas eu l’occasion de vous déplacer au Corum samedi et que vous ne connaissiez pas le ballet et son synopsis, on vous laisse regarder quelques extraits sur Youtube – ou télécharger Black Swan en VOST si vous êtes hermétiques au genre. Quoiqu’il en soit, que vous les ayez entendues au détour d’un spot publicitaire ou que vous connaissiez sur le bout des doigts l’œuvre de Piotr Tchaïkovski (dont on cherche toujours le Soundcloud), une chose est sûre : vous n’avez pas pu passer à côté des quelques notes de clarinette les plus connues de l’opéra-game.

Le public était au rendez-vous ce samedi soir. Familles, jeunes et moins jeunes : les applaudissements n’ont pas fait de quartier, et à raison. Après une prouesse physique et technique collective digne des plus grandes compétitions sportives, les danseuses et les danseurs du ballet n’étaient pas essoufflés. Tout leur a semblé si facile, et le fond de l’air si léger, que les trente-deux tours sur elle-même de la danseuse étoile ne nous ont pas étonnés. Le cygne noir aurait pu marcher sur les mains pendant quinze minutes et nous aurions trouvé la performance lambda. Les quelques pas quasi-comiques quant à eux n’ont rien enlevé à la magie de l’instant, au contraire, et on était heureux d’enfin pouvoir admirer le traditionnel pas de quatre.

Dirigés d’une main de maître, les classiques joués par l’orchestre russe ont également rendu honneur à l’acoustique du lieu. Un opéra lui-même sublimé par des décors stylisés façon bande-dessinée et des costumes pleins de volupté. Reconnaissant certains airs et pouffant à chaque pitrerie du fou, la foule a apprécié à s’en faire des cals sur les paumes. Quant à nous, ravis de l’engouement que suscitent encore et toujours les œuvres classiques, il nous a été plaisant de constater une moyenne d’âge assez basse. Une moyenne d’âge qui, visiblement, ne comprends pas très bien le principe du silence – ou peut-être que c’est nous qui prenons de l’âge…

En bref, on ne regrette absolument pas, bien que l’on cherche toujours l’after. Il fait bon varier les plaisirs et les sorties, et pour une fois, on a évité les acouphènes du dimanche matin. En tous cas, que l’on soit sensible au génie des grands compositeurs ou non, les ballets et les Opéras sont une affaire de culture générale : élargir ses horizons ne fait de mal à personne !